La province de Namur, au coeur de votre quotidien

Le salon des techniques Bio et Alternatives - 23 & 24 septembre 2015

 

  

Les deux jours passés à Valence (France) lors du salon Tech & Bio s’inscrivent dans le cadre de l’ouverture de notre année de spécialisation en Agriculture Biologique afin de tisser des liens européens avec le monde de l’agroécologie.

Parmi les 120 conférences proposées, une m’a particulièrement interpellée, c’est celle du docteur G. Grosmond sur « Les huiles essentielles : de la théorie à la pratique ».

Depuis la découverte de Sir Alexander Fleming, en 1928 de la pénicilline, la lutte des diverses pathologies bactériennes aussi bien chez l’homme qu’en médecine vétérinaire s’est développée sans de réelles limites, entraînant suite à cet usage excessif, l’émergence des antibiorésistances s’essaimant dans l’environnement ou/et la chaîne alimentaire (humaine et animale).

La résistance aux antibiotiques est devenue une préoccupation majeure en termes de santé humaine et animale. C’est pourquoi un plan d’action a été proposé par la Commission Européenne (COM/2011/0748).

En France, un plan ministériel « Ecoantibio » s’est mis en place, traduisant la réduction de 25 % en 5 ans de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire et plus particulièrement pour les molécules fluoroquinolones et les céphalosporines. Le cadre de la conférence est fixé, Monsieur Grosmond propose de transmettre l’acquis de terrain aux éleveurs, par des changements de méthode en pratique d’élevage par des solutions alternatives intégrées :

  • des installations d’élevage conçues pour empêcher toutes épidémies ;
  • une attention particulière au bien-être de l’animal permet un élevage sans stress avec globalement moins de pathologies ;
  • une vision holistique dans l’alimentation animale :
    • apports nutritionnels spécifiques (oméga 3, protéines…) ;
    • éviter les carences en vitamines ;
    • complémenter les rations avec des oligo-éléments ; ° ….
  • une utilisation raisonnée entre médications allopathiques et les produits alternatifs (phytothérapie, homéopathie, aromathérapie…).

Pour illustrer ce dernier point, plusieurs exemples nous sont proposés :

  • assainir l’air dans les étables pour éviter ou limiter les troubles respiratoires : Eucalyptus globulus (Gommier bleu), Melaleuca alternifolia (Tea-tree);
  • provoquer la confusion olfactive dans les ruches, limite le parasitisme des acariens « Varoa » : Gaultheria procumbens (Gaultherie couchée);
  • augmenter l’activité, le dynamisme de la colonie d’abeilles : Thymus vulgaris thymoliferum (Thym au thymol), Corydothymus capitalus (Origan d’Espagne) :
  • éviter les troubles digestifs en élevage bovin : Origanum compactum (Origan compact), Eugenia caryophillus (Girofle griffes) ;
  • traiter les troubles articulaires et cutanés chez les animaux (à usage externe) : Laurus nobilis L. (Laurier noble), Cymbopogon martinii (Palmarosa) ; …

L’utilisation des produits alternatifs n’est pas nécessairement là pour se substituer à l’antibiotique ou autres molécules de la chimie, mais surtout pour éviter de devoir l’utiliser, de proposer de travailler dans les exploitations de manière plus préventive que curative. Le développement de l’antibiorésistance constitue un enjeu de santé publique au niveau mondial qui nécessite une action urgente. Compte tenu du nombre d’acteurs concernés et des problématiques soulevées, une approche globale prenant en compte à la fois le domaine vétérinaire et la médecine humaine est devenue indispensable.

Cet exposé est une pierre à l’édifice.

Martine JACOB