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Economie du développement

Cours dispensés à :

Haute École de la Province de Namur
Catégorie Économique
Campus Provincial
Rue Henri Blès 118-190
5000 NAMUR
Tél: 081/775254
Bac.coopération@province.namur.be

Code cours : E_BCI_B1_ECODE Nombre d’heures/année : 45
Titulaire(s) : Alex LUMPALI Nombre d’ ECTS : 5

CONNAISSANCES PREALABLES
Bonne connaissance de langue d’enseignement et niveau recquis pour l’admission à l’enseignement supérieur

 

OBJECTIFS
Dans le contexte de l’interdépendance grandissante entre les Etats, celle-ci étant accentuée par une mondialisation accrue dont les forces et les faiblesses offrent non seulement des opportunités en termes de croissance économique mondiale mais aussi des menaces et défis, particulièrement, en matière d’inégalités entre individus, entre peuples et entre Etats ; des calamités et des conflits qui plongent des nombreuses personnes dans une insécurité permanente et compromettant davantage leur bien-être ;

L’enseignement du cours d’économie du développement - destiné à des acteurs présents et futurs de la gestion de projets et des solidarités humaine et internationale entre les pays et les populations des pays riches et pauvres - a pour objectif précis de fournir aux étudiants des outils d’analyse en économie du développement. Ceux-ci leur permettant de mieux appréhender les écueils et les limites des modèles économiques, institutionnels et politiques, sociaux et environnementaux auxquels sont confrontés les pays pauvres. Ainsi, les étudiants peuvent mieux comprendre, dans une approche critique et participative, les mesures et politiques qui militent en faveur de l'amélioration du bien-être global de leurs populations mais aussi des rapports Nord-Sud.

Quels sont les déterminants de la pauvreté, les causes et caractéristiques du sous-développement ; Quels sont les indicateurs du niveau de développement, leur pertinence et comment sont-ils mesurés ? Quelles politiques et quelles actions pourraient être mises en œuvre pour enrayer les causes profondes et structurelles de cette pauvreté ? Comment, finalement, accroître la sécurité de tous et chemin faisant, éradiquer les effets néfastes de toute forme d’injustice dès lors qu’ils constituent une menace réelle de l’équilibre globale du monde.

Ces questions au cœur des enseignements doivent pousser l’étudiant de participer activement aux enseignements, s’interroger davantage, faire des recherches sur nombre de sujets et devenir coproducteur des savoirs sur différents problématiques en économie du développement.

Plus concrètement, l’étudiant va pouvoir :

 

  • développer un raisonnement approprié à l’étude des faits économiques et particulièrement en économie du développement;
  • appréhender les fondamentaux conceptuels, acquérir des éléments de connaissance théorique et des méthodes propres à la discipline de référence ;
  • produire une analyse pertinente des questions du développement en combinant les problématiques et en établissant des liens interdisciplinaires ;
  • être aptes à la réflexion critique, notamment à l’égard du sens de bien ou patrimoine commun pour l’humanité, de l’interdépendance ou dépendance relative entre pays et du rôle des institutions dans l’approche transversale des problèmes de développement.

 

CONTENU
La première partie de ce cours est consacrée à l’approche conceptuelle et les caractéristiques du sous-développement et aborde successivement :
-    la définition du développement

  • La croissance et le développement et le contresens à éviter
  • Le développement comme étant une notion ethnocentrique (progrès au monde des lumières du 18e s) :
  1. Courant de pensée : l’anti-développement proche du mouvement de la décroissance (Serge Latouche et Gilbert Rist). Le développement (modèle de production capitaliste est assimilé à une religion dont les rites (mode de production capitaliste, rapports marchands, modernité, progrès…)
  2. Travaux de l’anthropologue américain Marshall Sahlins : âge de la pierre taillée égale âge de l’abondance : Notion de pénurie et de multiplicité de besoins entrainant contraste jusqu’à affirmer l’insatisfaction du monde moderne et la satisfaction du monde primitif.

 

-    la définition du sous-développement à travers les différentes appellations

  • Henry Truman, président USA dans le discours de la Nations évoque et justifie pour la première fois l’aide au développement ;
  • Alfred Sauvy, 1952 : Tiers-monde assimilé à la marginalité
  • Conférence de Bandoeng, 1955 : union des pays pauvres et dénonciation de la logique des blocs. Début du Mouvement des Non-alignés et la mise en place d’un NOEI  et de la CNUCED ; revendication du commerce équitable sanctionnée par une résolution des Nations unies (1974)
  • PVD : avancée par les UN dans  approche optimiste et positive et cohabite avec pays du sud, pays émergents : contribution à réduire vision conflictuelle des terminologies des années 50 et 60  

La deuxième partie examine les caractéristiques du sous-développement. Ainsi, elle analyse :

 

-    Les structures économiques et sociales désarticulées des PED ( courant tiers mondialiste et responsabilité coloniale : perversion de l’économie des PED par son extraversion  programmée, imposition violente des normes économiques et sociales, non viabilité des Etats-Nations créées dans un impératif d’intérêts des grandes puissances coloniales
-    La forte croissance démographique des PED : affrontement des thèses :

  • Jean Bodin «  Il n’y a ni richesse ni force que d’hommes »
  • Thomas Robert Malthus (thèse anti-populationniste : frein à l’épargne et à l’accumulation du capital)
  • Esther Boserup (Thèse de la pression créationniste : incitation du système économique à se moderniser sous pression démographique, d’où assimilation technologique et source de rentabilité)

-    La faible insertion des PED dans le commerce international :

  • Faible structure des échanges internationaux
  • Commerce intra zones très amoindri notamment suite à :
  1. Spécialisation (confinement) dans l’exportation des produits primaires
  2. Prix internationaux peu avantageux
  3. Des obstacles relevant des barrières tarifaires et non tarifaires comme le quota d’exportation
  4. Des facteurs structurels (distance géographique, différences cultuelles, langue…)

La troisième partie s’intéresse aux mesures du développement et se focalise sur :

-    Le PNB par habitant
-    L’IDH
-    Le schéma des liens entre la croissance économique et le développement humain
-    L’intégration des dimensions économique, humaine et écologique

La quatrième partie va saisir la diversité au sein des PED à travers :

-    L’éclatement des PED en strates dont les PMA et les NPI
-    Le contresens à éviter au niveau des caractéristiques socio-économiques différentes
-    L’insertion opposée dans le commerce international

La cinquième partie traite des causes du sous-développement en se basant sur :

-    Les théories libérales  ou le sous-développement est un retard dû :

  • Leur incapacité de parcourir les différentes étapes du développement ( Rostow)

-    Leurs structures à travers la dualité des secteurs traditionnel et moderne

  • Arthur Lewis (sous –emploi suite à sous-utilisation de la m-o d’où sous –développement)
  • Myrdal (effet remous ou libre jeu du marché éloigne l’éco de son équilibre si bien que la pauvreté appelle la pauvreté)
  • Raoul Presbisch, Hans Singer : polarisation du monde, centre et périphérie entrainant division internationale du travail

- Arthur Lewis :(rôle des facteurs socio-culturels : causes non économiques liées aux institutions : rupture du raisonnement macroéconomique du développement pour faire place au raisonnement microéconomique, à l’anthropologie et à la sociologie pour saisir les interrogations sur le processus normale d’accumulation du capital. Il attire attention sur le piège du déterminisme culturel du développement.

-    Analyse néo-marxiste : Le sous-développement comme conséquence de l’impérialisme  

  • Ecole de la dépendance (centre et périphérie : théorie déjà abordée par Lénine et poursuivi par Samir Amin dans sa publication de 1973 « le développement inégal»
  1. Domination dans le rapport économique mondial i.e. domination de la périphérie par le centre d’où le sous-développement : produit du modèle libéral : exploitation coloniale perpétrée par le déploiement des multinationales dans le sud. Le capitalisme interdit par essence l’intégration de la périphérie au centre.
  • Echange inégal (Aghiri Emmanuel, 1972 : développement des pays riches est fonction du sous-développement des pays pauvres.
  1. Samir Amin prône la «  déconnexion » alors qu’Aghirri s’y oppose malgré tout

La cinquième partie va s’appesantir à l’analyse des conditions de réussite et de l’échec des stratégies du développement.

Premièrement, elle examine les stratégies d’industrialisation et ensuite le tournant libéral du modèle de développement. Ce dernier point met en évidence deux points majeurs :

  • La crise de la dette
  • Les politiques d’ajustement structurel

Enfin nous aborderons en guise de notions préliminaires et comme réponse aux échecs répétés des PAS, le nouveau cadre du développement appelé communément le DSCRP ou Document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté.

 

BIBLIOGRAPHIE

  • Amin, Samir (né en 1931). Économiste néo marxiste égyptien, théoricien de l’école de la dépendance, il considère que le sous-développement  des pays du Sud (la périphérie)  est produit par l’accumulation capitaliste des pays du Nord (le centre). Il prône alors dans un premier temps la déconnexion, à savoir la poursuite d’une stratégie de développement autonome et indépendante de l’économie internationale capitaliste, avant de s’en détacher par la suite. Principaux  ouvrages : Le Développement inégal (1973), La Déconnexion (1986).
  • Emmanuel, Arghiri (1911-2001). Économiste  néo marxiste  grec, il montre avec la théorie de l’échange inégal que les relations commerciales  entre le centre et la périphérie peuvent être inégales du fait des écarts entre les salaires entrant dans la composition de la valeur des biens. Principal ouvrage : L’Échange inégal (1972).
  • Lewis, Arthur (1915-1991). Économiste britannique  né dans les Antilles, prix Nobel en 1979, il est à l’origine de l’analyse dualiste comme  explication du sous-développement. Il insiste sur les facteurs non économiques du sous-développement. Il considère que le développement adviendra par le déversement de la main-d’œuvre du secteur traditionnel dans le secteur moderne.  Principaux  ouvrages : Développement économique avec une offre illimitée de travail (1955), L’Ordre économique international (1978).
  • Myrdal, Gunnar (1898-1987). Économiste keynésien suédois, prix Nobel d’économie en 1974, il est partisan d’une approche institutionnaliste du sous-développement : considérant  que les institutions  traditionnelles  des pays pauvres favorisent le cercle vicieux de la sous-industrialisation, il plaide pour un fort interventionnisme étatique pour sortir du sous-développement. Principal ouvrage : Asian Drama (1968). 
  • Perroux, François (1903-1987). Économiste français inclassable (même s’il reconnaît une fidé- lité aux travaux de Schumpeter), il considère que le sous-développement  est le produit  de la structure des relations internationales qui instaurent des situations de domination et de dépendance. Il prônera des stratégies d’industrialisation par la création de « pôles de croissance » réunissant des industries lourdes pouvant amener des effets d’entraînement  à l’ensemble de l’économie.  Principaux  ouvrages : Économie et société : échange, contrainte  et don (1960), L’Économie du xxe   siècle (1961), Pouvoir et économie généralisée (1973).
  • Prebisch,  Raul (1901-1987). Économiste  argentin, figure de proue de l’école structuraliste latino-américaine, observateur de la pauvreté de l’Amérique latine, il démontre que le sous- développement est causé par la dégradation des termes de l’échange des pays du Sud, liée à une spécialisation dans les produits primaires. Il va plaider pour un développement autocentré. Il sera le premier secrétaire général de la CNUCED créée en 1964. Principal ouvrage: Le Développement  économique de l’Amérique latine  et ses principaux problèmes (1950).
  • Sauvy, Alfred (1898-1990). Économiste et démographe français, il est à l’origine de la théorie de la transition démographique et de la notion de tiers-monde qu’il élabore en 1952 pour qualifier le groupe de pays en développement marginalisé dans la logique des deux blocs de la guerre froide et qui va se constituer en troisième voie de développement.
  • Assidon,  Elsa. Les Théories  économiques  du développement,  La Découverte,  coll. « Repères »,1992. Une présentation claire, peu formalisée et synthétique des débats économiques sur les causes du sous-développement.
  • Brunel, Sylvie. Le Sous-développement, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1996. Une synthèse claire par une spécialiste de la question, engagée aussi bien d’un point de vue universitaire que militant dans le développement.
  • Treillet, Stéphanie.  L’Économie du développement, Nathan, coll. « Circa », 2002. Une synthèse générale très claire, avec des extraits de textes pour approfondir et aller à la source des théories.

 

METHODOLOGIE et SUPPORTS DE COURS
Les étudiants ont accès au cours sur e-bac et imprimé sur syllabus. Il leur est recommandé d’aiguiser leur connaissance par une lecture soutenue des différents documents qui leur sont proposés via e-bac.
Faisant autorité dans les nouvelles pédagogies de l’enseignement, la méthode active sera privilégiée. Elle consiste à rendre l’étudiant acteur de ses propres apprentissages et au travers des situations de recherche, elle le stimule à être coproducteur de ses savoirs, l’exerce à une plus grande autonomie, à l’initiative, à la créativité, à la mise en pratique des connaissances, à la motivation et à la participation.
Cette méthode est usitée, aussi, dans ces variantes telles :

  • la méthode interrogative qui favorise une relation plus vivante entre les étudiants et le professeur, suscite l’attention et l’intelligence, la réflexion et la mémoire ainsi que l’analyse structurée des contenus;
  • l’apprentissage par une situation problème. L’étudiant est confronté à un problème et doit pouvoir le surmonter, le résoudre en faisant, évidemment, appel aux contenus de cours aussi bien théorique que d’études de cas dont il peut se servir pour concevoir, élaborer, asseoir et mettre en œuvre un plan.

Sans tomber dans l’ex cathedra, l’enseignant présentera des courts exposés, des productions écrites ou orales. Il va également promouvoir des travaux individuels et de groupe et des recherches documentaires.

 

INVESTISSEMENT SUPPLÉMENTAIRE ATTENDU DE L’ÉTUDIANT
Participation à différentes activités sur les problématiques de coopération au développement, et plus particulièrement les conférences qui seront données dans le cadre de ce cours. Elles feront, généralement l’objet d’un rapport de synthèse rédigé par l’étudiant.

 

EVALUATION
Les étudiants sont évalués sur les compétences visées dans ce cours. La mobilisation des connaissances et théories du cours leur permettront d’aborder des situations-problèmes et de produire une analyse sur un sujet donné. Lors de l’analyse, l’étudiant démontre également ses capacités d’établir des liens entre des sujets interdisciplinaires du programme de coopération internationale. Il doit être en mesure de recourir à l’actualité, de sauvegarder la cohérence et la clarté de ses réponses.

Trois côtes fusionnées permettront d’établir une côte annuelle sur 20 points.

Les Travaux Pratiques (individuel et de groupe) sont côtés sur 40 points

L’interrogation sur 40 points

40 % des points

L’Examen sur 60 points.

60% des points

COTE ANNUAL

100% ramenés à 20 points le max de la cote finale (TP, interro et examen)

Ce cours est un prérequis pour l’accès à l’année académique suivante.