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Séminaire Écotourisme

Cours dispensés à : Haute Ecole de la Province de Namur
Catégorie Economique
Rue Henri Blès 188-190,
5000 NAMUR
Tél : 081/775254
Bac.cooperation@province.namur.be
Code cours : E_BCI_B1_SEM Nombre d’heures/année : 30
Titulaire(s) :

Bernard DE MYTTENAERE

Nombre d’ ECTS : 3

INTRODUCTION

L’écotourisme : à la croisée des enjeux de développement socioéconomique, culturel et environnemental.

Avec près d’un milliard de déplacements touristiques internationaux et des recettes qui dépassant les 501 milliards d’euros en 2011, le tourisme, premières activité économique mondial, participe à 12% du produit intérieur brut mondial, 7% de l'investissement et 11% de la main-d'œuvre mondiales.
Si depuis les années 50 nous assistons à une démocratisation de la pratique touristique, il n’en reste pas moins que son internationalisation n’en confirme pas moins son caractère profondément inégalitaire puisque 80 % de ces échanges internationaux ont lieu entre pays développés. Le tourisme est à cet égard un criant révélateur des disparités Nord-Sud et des enjeux qui en découlent.
Force est de constater que le tourisme, pour un grand nombre de pays dits en voie de développement est, de plus en plus, considéré comme un levier de développement.

En effet, nombre d’acteurs politiques ou issus des secteurs associatifs ou privés considèrent cette activité comme source potentielle de revenus pouvant contribuer de manière non négligeable à l’équilibre de la balance des paiements, à la création d’emplois, à la réduction de la pauvreté, à la préservation des milieux naturels protégés,...
Sans être la panacée universelle, il offre un espoir pour de nombreux territoires en retard de développement économique et pleinement touchés par les inégalités Nord-Sud. Toutefois, le tourisme a des conséquences sociales, économiques et environnementales importantes et complexes, qui peuvent présenter à la fois des avantages et des coûts pour l’environnement et les communautés locales. De fait, son développement n’est pas sans risque s’il n’est pas n’est pas planifié, développé et géré judicieusement.

Que cela soit pour l’environnement humain et ou l’économie des espaces dans lesquelles les projets touristiques se déploient, le tourisme peut, par exemple, induire une féroce compétition pour les ressources et les services entre les populations locales et les touristes (conflit d’usages pour l’utilisation des terres, de l’eau, de l’énergie,...), menacer voire détruire l’équilibre des écosystèmes dont nombre de populations locales dépendent. L’activité touristique peut également menacer le cadre de vie, induire des logiques de privatisation du patrimoine, participer à la folklorisation des sociétés et des traditions des populations locales réceptrices. Aussi, cette activité peut rendre l’économie locale trop dépendante du seul revenu touristique.

Les problématiques du développement touristique posent la question de la nécessité du maintien d'une diversité de systèmes de pratiques qui assurent à la fois le maintien de la diversité culturelle, économique et celle des systèmes écologiques. Il s’agit de créer des démarches renouvelées de développement à partir des revenus issus de consommations touristiques - mieux réfléchies et organisées- susceptibles de soutenir des initiatives de développement s’inscrivant dans un projet global de développement durable.

Outre les questions d’équilibre ente les dimensions sociales, économiques et environnementales,  le développement durable du tourisme invitent à réfléchir à de nouveaux modèles de gouvernance permettant une participation actives des communautés locales afin de définir et réglementer avec transparence l’exploitation de leurs espaces au niveau local, voire de choisir de renoncer à la mise en valeur touristique de ces derniers. C’est dans cette philosophie que nous envisageons les rapports entre tourisme et développement. Cette approche touristique est souvent connotée à des projets d’écotourisme. Un écotourisme qui base son développement sur les principes du développement durable, prônant une viabilité sur le plan écologique et  économique, et une équité sur le plan éthique et social pour les populations locales.

L’écotourisme est bien l’une des facettes du tourisme durable et plus largement du développement durable conformément aux « critères de durabilité » énoncés dans la charte du tourisme durable (Conférence de Lanzarote, 1995), il est, en théorie, « supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales ». « Puissant instrument de développement durable, il peut et doit jouer un rôle actif dans la stratégie de développement durable. Une bonne gestion du tourisme doit donc garantir le caractère durable dont cette activité dépend ».
Ces principes permettent d’envisager des démarches renouvelées de développement qui reposent sur la nécessité de distribuer équitablement les bénéfices du tourisme, ce qui implique que les activités doivent s’intégrer dans les économies locales afin de soutenir le développement économique autochtone et indirectement, de générer des moyens pour la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité.

S’il est aisé de s’accorder sur les principes théoriques de l’écotourisme, l’analyse d’expériences issues de la littérature scientifique ou de rapports du monde associatif, permet de souligner la complexité des cheminements et des enjeux, notamment d’ordre socioéconomique et politique, qui motivent ces stratégies. L’on observe notamment une profusion des labels se traduisant dans les faits par des réalisations contrastées où priment souvent une vision étroite privilégiant la protection-fermeture d’une ressource (au détriment des sociétés locales) ou des préoccupations purement et uniquement mercantiles. En effet, la lisibilité du concept d’écotourisme est parfois brouillée par la multiplication des initiatives d’ordre marketing, plus ou moins cohérentes, avec leurs « auto-labellisations », qui entendent tirer profit de cette « étiquette » susceptible d’être entendue par le grand public comme un label éthique qui donnerait un nouvel élan à des produits et destinations touristiques en quête de renouvellement

Aussi, de nouvelles stratégies touristiques se dessinent autour de l’écotourisme (Dehoorne, Saffache, Augier, 2007) : certains entendent l’utiliser pour favoriser la diffusion d’un tourisme international actuellement confiné à quelques enclaves balnéaires (comme à la République dominicaine), pour d’autres, à l’inverse, il est prétexte à une fermeture de lieux  qu’il convient de « réserver » à quelques catégories de touristes face au « risque » que représente l’avènement du tourisme de masse sous les tropiques (Belize).

 

OBJECTIFS ET CONTENU
Le cours de séminaire se veut à la fois des espaces de réflexion et d’application des concepts étudiés dans une logique mettant résolument l’accent sur les dimensions collective et  participative.
Sommairement, il s’agit de permettre aux étudiants de :
 

  • Se familiariser avec l’ensemble des paramètres d’analyse, les concepts spécifiques et les notions socioculturelles et environnementales du phénomène (éco)touristique
  • Comprendre les principaux enjeux sociopolitiques, économiques et environnementaux de l’écotourisme à travers le prisme des interrelations Nord/Sud
  • Sensibiliser aux conséquences sociales et culturelles des politiques de développement en mettant l'accent sur la nécessité d'intégrer la dimension socioculturelle au sein des stratégies du développement de l’(éco)tourisme
  • Connaître les principaux acteurs (formels et informels) et organismes nationaux et internationaux de l’écotourisme, en comprendre leur rôle dans cette activité et envisager leurs relations
  • Permettre l’apprentissage de méthodologie d’analyse et de techniques d’aides à la décision de projets de développement écotouristique dans le cadre de la coopération internationale.

L’analyse et la compréhension de l’écotourisme nécessitent une approche pluridisciplinaire qui tienne en compte à la fois de connaissances théoriques et opérationnelles ainsi que d’une vision critique visant à identifier et comprendre les différentes facettes de situations locales et internationales dans le cadre de projets écotouristiques.
 
Les séances de séminaire en écotourisme ont, dès lors, pour but de former les futurs diplômés en coopération internationale aux objectifs susmentionnés via l'acquisition de connaissances, le développement d’aptitudes et des compétences, la préparation à des fonctions de responsabilité dans le secteur privé et public de projets écotouristiques dans une logique Nord/Sud.

 

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

  • BLAMEY, G. (2001). Principles of Ecotourism. in The Encyclopedia Ecotourism. Oxon, UK, New York, NY,CABI Pub,  p.  5-22.   
  • CATER, E. & GOODALL, B. (1997), Must tourism destroy its resource bas?. In : "The earthscan reader in sustainable tourism", France, L. pp.85-89.
  • CAZES, G. (1989), Le tourisme international : mirage ou stratégie d'avenir, Paris, Hatier
  • CAZES, G. (1989), Les nouvelles colonies de vacances? Le tourisme international à la conquête du Tiers-Monde, Paris, L'Harmattan, Coll. Tourismes et Sociétés.
  • CAZES, G. (1992), Fondements pour une géographie du tourisme et des loisirs, Paris, Bréal, Coll. Amphi Géographie
  • CAZES, G. (2001), "L'émergence d'un nouveau système vacancier : temporalités et territorialités en mutation", Hommes et Terres du Nord, 2, pp. 63-70
  • CAUVIN-VERNER, Corinne, 2007. Au désert. Une anthropologie du tourisme dans le Sud marocain. Paris, l’Harmattan.
  • CHAMBERS, Erve. 2000. Native Tours. The Anthropology of Travel and Tourism. Long Grove: Waveland Press.
  • CUVELIER, P. (1999), Anciennes et nouvelles formes de tourisme : une approche socio-économique, Paris, L'Harmattan, Coll. Tourismes et Sociétés.
  • DOQUET, A 2002. Se montrer dogon : les mises en scène de l'identité ethnique, Coll. Ethnologies comparées.
  • HARRISON D., 2001.- Less developed world and Tourism : the overall pattern In : HARRISON D. (Edit.) ,” Tourism and the less developed World ” , CABI Publishing , 272 p. , p. 1-22

 

METHODOLOGIE ET SUPPORTS DE COURS
Après une nécessaire familiarisation avec les paramètres d’analyse du phénomène écotouristique (acteurs, lieux, pratiques, politiques) ainsi qu’une première identification et compréhension des conséquences socioéconomiques et culturelles des politiques internationales de développement écotouristique, le cours s'articulera autour d’études de cas et d’exercices pratiques visant la culture du débat et la confrontation d’idées. Car nous accorderons une place privilégiée aux mises en situations, l’accent sera mis sur l’articulation entre approche théorique et pratique via la visualisation de documentaires et l’intervention d’acteurs issus des milieux associatifs et académiques actifs dans des projets écotouristiques. Ces illustrations pratiques visant à susciter la curiosité dans l'apprentissage seront analysées en ce centrant sur un double objectif : d’une part celui de comprendre les principaux enjeux sociopolitiques, économiques et environnementaux de l’écotourisme à travers le prisme des interrelations Nord/Sud et d’autre part, celui d’identifier et comprendre les différentes formes d’organisation, les savoir-faire et les modes de gestion des ressources menés dans le cadre de projets afin de fournir des instruments de conception et de gestion de projets.

 

EVALUATION
L’évaluation des acquis théoriques et pratiques se fera sur base d’un examen écrit lors de la session de juin. Ce cours n’est pas un pré requis pour l’année académique suivante.